• 7 jan. 2025

5 erreurs à éviter en matière de prolepse

Les moments d'anticipation dans un roman, vous en avez l'habitude. Mais vous ne connaissez peut-être pas le terme qui les désigne : la prolepse.

Les moments d'anticipation dans un roman, vous en avez l'habitude.

Mais vous ne connaissez peut-être pas le terme qui les désigne : la prolepse.

Aujourd'hui, j'ai une petite pensée pour tous les auteurs de science-fiction, fantasy, fantastique (SFFF) qui adoorent les prologues et les prolepses.

Mais si vous écrivez dans un autre genre, pas d'inquiétude, cet email vous concerne également.


Selon le théoricien de la littérature Gérard Genette, une prolepse désigne « toute manœuvre narrative consistant à raconter ou à évoquer d’avance un événement ultérieur ».

En anglais, on parle flash forward.

C'est l'inverse du flash-back.

La prolepse est suivie d'un retour au temps initial.

Sinon, il s'agit d'une ellipse, c'est-à-dire un simple saut temporel dans le récit, sans modification de la chronologie globale.


J'imagine que l'exemple d'Harry Potter vous vient tout de suite à l'esprit.

Mais la SFFF n'a pas l'apanage de ce procédé.

Désenchantées, de Marie Vareille, débute par une prolepse.

Chanson douce, de Leïla Slimani également.

Le premier chapitre de mon roman Plus que toute autre chose en est aussi une (le titre du deuxième chapitre commence par « Quelques jours plus tôt »).



Une prolepse peut être très utile pour :

  • Renforcer la tension narrative : L'effet d'anticipation, l'irruption soudaine d'une temporalité différente éveillent la curiosité des lectrices et des lecteurs.

  • Développer la complexité des personnages, ouvrir de nouvelles perspectives psychologiques : par exemple, en introduisant une rupture dans le comportement ou les réactions attendues du protagoniste.

  • Créer des retournements de situation : Rien ne vous interdit par la suite de conclure avec un dénouement différent de celui annoncé dans la prolepse (c'est l'un des délices de la vie d'auteur(e), mener son lectorat en bateau 😉).


Mais comme tout procédé narratif, il existe des écueils à éviter :


#1. La première erreur en la matière, c'est le manque de subtilité.

Il faut savoir doser ce que l'on donne, se cantonner à l'essentiel et ne pas révéler trop d'informations dans la prolepse.

L'idée maîtresse est d'équilibrer l'effet de mystère et la curiosité.


#2. La deuxième erreur, c'est l'absence de stratégie.

Une prolepse ne s'utilise pas n'importe quand ni n'importe comment.

Le début de roman est un grand classique, nous l'avons vu dans les exemples ci-dessus.

Mais elle peut être intéressante à d'autres moments clés, par exemple, avant un climax, une résolution importante, ou encore pour casser le rythme et relancer la tension au cours du deuxième acte.


#3. Troisième erreur : Réutiliser sans cesse une forme similaire.

Variez au contraire les formes de prolepses (d'un roman à un autre ou au sein d'un même livre) : prologue, court chapitre au cœur de l'histoire, simples rêves du protagoniste, rêves prémonitoires, précognition, présage, prédiction faite par un personnage secondaire... c'est l'occasion de laisser libre cours à votre créativité.


#4. Quatrième erreur : Perdre le contrôle du rythme.

Varier les formes, c'est bien, mais veillez cependant à ne pas utiliser la prolepse de manière excessive. Trop de flashforwards peuvent désorienter les lecteurs.


#5. Et last but not least, une cinquième erreur : Égarer la prolepse en route.

Une prolepse est une promesse, qui place votre lectorat dans l'attente de son dénouement. N'oubliez donc pas de dévoiler le fin mot de l'histoire plus tard dans le récit, que l'élément anticipé se confirme ou non.


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